2014
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Semaine de prières pour l’unité des chrétiens : ensemble avoir confiance

Noël arménien oblige, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, sur le thème « Christ est-il divisé ? », ne débuta que le samedi 25 janvier à Jérusalem alors qu’elle s’achevait ailleurs dans le monde.
C’est autour des grecs-orthodoxes que les fidèles de Jérusalem se réunirent tout d’abord pour suivre un office au Saint-Sépulcre. Le lendemain, dimanche, c’est l’Église anglicane qui invitait les chrétiens à s’unir non seulement pour prier mais pour demeurer ensemble. « Il n’y a pas si longtemps, 20% des habitants de cette terre étaient chrétiens, aujourd’hui nous atteignons à peine les 2 %. Certains pessimistes pensent que les chrétiens sont amenés à disparaitre. Je regarde les figures des saints, ils ont été appelés à l’impossible, tout comme nous. Dieu nous sait capable de bien des exploits » proclamait le révérend Suheil Dawani.
Lundi soir, dans la pénombre de la cathédrale arménienne Saint-Jacques, les fidèles écoutèrent le sermon du père Baret Yeretzian. Il insista sur l’Amour qui doit être la clef de voûte de toute vie chrétienne et surtout la doctrine première de toutes les Églises. « C’est vrai qu’il est plus important de se savoir chrétien que catholique, orthodoxe ou protestant. Une fois arrivé auprès du Seigneur, il ne nous demandera pas dans quel rite nous avons été baptisés, mais si nous avons aimé » confiait sœur Bénédicte.
Mardi soir, chez les Luthériens, l’évêque Munib Yanan appela toutes les Églises à voir en chacune d’entre elles le don spirituel que le Seigneur a déposé. « Quand reconnaitrons-nous à l’autre sa qualité, son charisme et sa complémentarité ? Nous, Eglises, oublions parfois que rien ne nous appartient, tout nous a été confié pour porter du fruit. Si nous commençons par nous accepter, nous serons la lumière que Dieu veut pour le monde ».
Mercredi avec les orthodoxes syriaques et coptes qui animèrent ensemble la prière au couvent Saint-Marc, Mgr Severios Murad revenait sur la figure du Christ, un Christ qui n’a pas cherché les honneurs comme le font parfois « nos dirigeants et certains chefs d’Eglise. C’est cela qui entame notre unité, quand l’un d’entre nous oublie qu’il ne fait qu’un avec Dieu mais aussi le peuple des croyants ». Avec eux, les fidèles portèrent particulièrement dans leurs prières la Syrie. Frère Antonio, séminariste à la Custodie, partageait à la sortie de la célébration : « J’ai eu particulièrement à l’esprit les personnes souffrant au Moyen-Orient, en particulier le peuple syrien. J’ai aussi prié intensément pour tous les hommes et les femmes en quête de sens, afin que nous, disciples du Christ, soyons en mesure d’être une lumière dans leur recherche ».
Jeudi, au Cénacle, le père Abbé de la Dormition, Gregory Collins, rappelait que le Seigneur nous offre chaque jour d’être rachetés par le sang du Christ. « Mon cœur bat plus fort quand je suis au Cénacle. C’est le lieu de l’unité, il y a ici comme un lien avec les premiers chrétiens », confiait ici Frère Antonio,
Vendredi, au patriarcat latin, Les latins accueillaient à leur tour et l’accent fut mis sur le devoir de rendre et partager tous les bienfaits reçus du Seigneur. Samedi soir, sous la coupole bleue étoilée de l’église éthiopienne, l’archevêque Daniel Aba et son clergé emportaient fidèles et pèlerins dans un temps de louanges et action de grâce. Dimanche enfin, le sourire et la verve de l’évêque gréco-catholique, monseigneur Joseph Zerey soulignèrent la gratuité et la spontanéité avec lesquelles le Seigneur nous aime tous.
Dans cet univers de couleurs et de sonorités, chacune de nos Églises a pu exprimer sa foi et « la beauté de ses traditions liturgiques, historiques et théologiques » comme le notait le frère Antonio.
La spiritualité franciscaine n’est pas étrangère à la création de la Semaine pour l’Unité des Chrétiens. En effet, après la fondation en 1909 au sein de l’Église anglicane américaine, d’une communauté franciscaine dont la mission première était de travailler à la réconciliation entre chrétiens mais aussi à un meilleur dialogue, à l’image de saint François, son fondateur, le révérend, Paul James Wattson, devenu frère donna à cette mission la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. À la même époque, l’abbé Paul Couturier en France lui donnait de l’élan sur le continent européen. L’œuvre du père Couturier et du frère Wattson fut reprise par le concile Vatican II. Depuis, chaque année, une commission internationale et interconfessionnelle émanant du conseil pontifical et du Conseil œcuménique des Églises prépare cette semaine porteuse d’espérance et de réconciliation.
E.Rey

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