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2011
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Interview du Père Collins, abbé de la Dormition

Le Père Gregory Collins, a été élu le 26 juillet 2011 nouvel abbé du monastère bénédictin de la Dormition, sur le Mont Sion à Jérusalem. Il devient le sixième abbé de l’Abbaye de la Dormition de la Vierge Marie à Jérusalem. Après plus d’une semaine en Terre Sainte, sa première interview pour Media LPJ.

Qui êtes-vous ?

Je suis né à Belfast, en Irlande du Nord en 1960, je suis donc irlandais mais aussi dans un certain sens britannique puisque l’Irlande appartient au Royaume-Uni. J’ai suivi des études sur l’époque byzantine et fait des études sur la théologie orthodoxe en tant que laïc. Puis je suis entré au monastère en 1989 et je suis moine depuis cette date. J’ai été directeur de notre internat; j’ai aussi enseigné la théologie à Rome à l’Université bénédictine. Mon premier contact ici en Terre Sainte a eu lieu en 2006 puis en 2007, lorsque j’ai rencontré les moines de la Dormition. Je suis venu pour visiter la Terre Sainte et enseigner dans leur « Studienjahr ».

Votre réaction à propos de votre élection?

Je dois dire que je savais que depuis plusieurs mois que mon nom circulait dans les couloirs si bien que la nouvelle n’a pas été un grand choc. Le grand choc a été de découvrir que mon nom était mentionné dans les discussions qui précédaient mon élection. Au départ je me suis senti indigne, inadapté à la tâche. Je ne maîtrise pas l’allemand couramment et personnellement je ne me sentais pas capable car c’est une culture très différente de celle à laquelle j’ai été habitué. Certes, il y avait ce sentiment d’inadaptation mais aussi un sentiment très fort d’un appel de Dieu qui m’appelait à venir servir cette communauté et l’Eglise. Et à cet appel j’ai répondu que : «je faisais cela, car c’est ce que j’ai promis comme moine. »

Vos nouvelles tâches en tant qu’abbé?

Je pense que la Règle de saint Benoît considère « l’abbé » vraiment comme un père spirituel pour les moines et la communauté élargie qui travaille avec la communauté monastique. Et ce n’est pas le «père» à prendre  au sens patriarcal; l’image du Père selon St Benoît est une image assez douce. C’est un rôle de soutien, d’accompagnement spirituel, d’enseignement, de conduite – conduire avec la communauté et pas seulement être au-dessus des frères. Et Benoît dit dans la règle que l’abbé devraient s’efforcer d’être un prophète pour ses ses frères, et non pas simplement de les gouverner. Je pense à un modèle qui est le modèle du Christ « le Bon Pasteur », il a un rôle de soutien, un rôle d’encouragement, mais aussi celui de prendre parfois des décisions difficiles quand elles doivent être prises.

Connaissez-vous bien la Terre Sainte?

J’ai étudié la théologie orthodoxe et j’ai fait des études byzantines, j’ai donc été assez familier avec la Grèce, avec la mer Egée, avec la Turquie, mais pas si familier avec la Terre Sainte. J’étais là pour Noël 2006 et ensuite j’ai enseigné pendant six mois en 2007. Donc, je suis conscient que j’ai beaucoup à apprendre ici, sur la situation locale chrétienne, au sujet de la tradition juive et de la tradition musulmane. Pour le moment, c’est une grande expérience d’apprentissage et la première année sera essentiellement d’apprendre ce que sont les réalités de la Terre Sainte. Originaire d’Irlande du Nord, je sais que les situations politiques et sociales sont toujours très complexes et qu’il faut être très prudent pour ne pas simplement avoir des idées de projet sur les choses. Nous devons savoir ce qu’est la réalité.

Votre premier contact avec vos moines et le Patriarcat latin?

J’ai eu trois heures de retard à mon arrivée. Je suis arrivé tôt le matin après avoir transité par Rome. J’ai été accueilli par deux frères, le prieur et un autre frère, et je dois dire qu’ils n’auraient pas pu être plus accueillants. Ils étaient vraiment, je pense, très heureux que je sois là, et ils ont été extrêmement utiles à tous les niveaux. C’était difficiel de laisser l’abbaye de Glenstal, mon monastère en Irlande. J’y ai passé 21 ans et je trouve qu’il est très difficile de partir, c’était une grosse charge émotionnelle. Mais les moines ici ont travaillé très dur ces cinq-six derniers jours – je ne suis ici que depuis une semaine – pour que la transition qoit aussi facile que possible. Ils sont en train d’installer pour moi tout le nécessaire informatique, m’aident en allemand; donc je ne peux rien dire, si ce n’est que du positif sur la façon dont j’ai été reçu.

Le contact avec le Patriarcat est une expérience complètement nouvelle. J’ai rencontré le Patriarche la semaine dernière et j’ai rencontré l’évêque William pour le déjeuner, l’autre jour et ils sont très sympathiques, chaleureux, accueillants.

Vos premiers mois dans votre nouveau service?

Notre vie est principalement une question de prière. Notre activité principale en tant que moines est de chanter l’office divin dans l’Eglise quatre ou cinq fois par jour, nous vivons en communauté et nous pratiquons la recherche de Dieu dans la prière personnelle. Et c’est vraiment la dimension spirituelle de la communauté que l’abbé doit principalement s’occuper (il y a beaucoup d’autres dimensions, aussi, bien sûr), mais l’abbé doit essayer de guider la communauté dans la suite du Christ, dans le vécu de l’Evangile. De cette façon, la mission du monastère n’est pas tant une mission explicite – en dehors de la prédication – mais propose un centre de paix, de prière, d’hospitalité où les gens de toutes confessions peuvent venir et trouver un accueil et trouver des personnes dont les vies sont axées sur Dieu et sur l’Évangile du Christ.

Quid du dialogue oecuménique avec les autres leaders chrétiens?

C’est une bonne question, effectivement, à propos de mes racines irlandaises qui affectent ma compréhension de l’œcuménisme. Je crois à 100% aux engagements de l’Église catholique depuis le Concile Vatican II dans l’œuvre de réconciliation avec les Eglises orientales anciennes, avec l’Eglise orthodoxe, avec les chrétiens des traditions réformées et protestantes, et avec la Communion anglicane.

En venant de l’Irlande du Nord, j’ai connu la douleur de trente ans de conflit au sein de notre communauté. Il n’a pas toujours été sur la religion, mais la religion a joué un rôle. Et j’ai découvert l’importance de reconnaître les gens en tant qu’êtres humains créés à l’image et à la ressemblance de Dieu quelle que soit leur foi. Et puis, notre tradition chrétienne nous pousse à nous reconnaître et nous réjouir dans la diversité des traditions et essayer de réaliser l’unité pour laquelle le Christ a prié (Jean 17 dans l’Evangile).

Quelles pourraient être les interactions avec les autres traditions religieuses non chrétiennes?

Je vais être très honnête et vous dire que je ne sais pas. Parce que je suis ici que depuis une semaine. La plupart de mon expérience jusqu’ici est oecuménique. J’ai un très grand ami juif d’Amérique qui ont visité le monastère à l’époque en Irlande et j’espère  qu’il viendra me rendre visite ici. Mais dans cette première année d’apprentissage, je dois nouer des contacts nouveaux pour mieux comprendre toute cette réalité.

Propos recueillis par Christophe Lafontaine et Monica Antonelli

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