2017
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Fr. Zacheusz Drazek

800 ans se sont écoulés depuis l’arrivée des frères au Moyen-Orient et, depuis les débuts de cette aventure beaucoup de choses ont changé. Mais ni l’engagement, ni le dévouement – avec lesquels, depuis 800 ans, les frères gardent les lieux saints et œuvrent en faveur de la population locale – ont changé. Pour cela, afin de comprendre ce que représente aujourd’hui la Custodie de Terre Sainte, il faut repartir des frères et de leur histoire : ils proviennent du monde entier et de pays très divers, et chacun d’entre eux a une mission spécifique.

Fr. Zacheusz Drazek, originaire de Pologne, est prêtre depuis 15 ans et il est arrivé en Terre Sainte il y a quatre ans. De nombreux pèlerins l’ont probablement rencontré ou le trouveront sur leur chemin. Aujourd’hui, en effet, il offre un service au Saint-Sépulcre comme Président de la fraternité franciscaine qui habite au sein du couvent, comme le prévoit le Statu Quo.

Pourquoi es-tu devenu frère ?
Près de ma maison il y avait un couvent franciscain et donc, durant toute mon enfance, j’ai vécu aux côtés des franciscains. A 6 ans, j’étais enfant de chœur et, par la suite, j’ai toujours aidé les franciscains dans les diverses activités et dans leurs groupes, comme celui pour les personnes malades. Ces frères m’ont montré ce que signifie être franciscain et donc, déjà enfant, j’avais pensé à devenir frère. J’ai toujours aimé l’habit franciscain et j’étais attiré par une vie fraternelle de prière, de rencontres, très simple. Une vie de pauvreté où j’aurais pu quand même donner quelque chose aux autres. Les frères que j’ai connus étaient très ouverts. Ainsi après le baccalauréat, je suis rentré pour la période du noviciat.

Comment as-tu connu la Custodie de Terre Sainte et pourquoi as-tu voulu en faire partie ?
Ma province, en Pologne, a des liens avec la Terre Sainte et une dizaine de frères de cette province ont rendu service ici. Certains ont étudié la théologie, d’autres ont été au service du Saint-Sépulcre. En outre, j’avais connu un frère, Claudiusz, qui avait habité au Mont Tabor. Il me parlait souvent de la Terre Sainte et j’étais vraiment intéressé. Je me suis toujours demandé “où puis-je passer ma vie ?”. Avant je pensais être missionnaire en Afrique, mais ensuite ma vie missionnaire a débuté précisément ici en Terre Sainte. Saint Antoine aussi m’a inspiré, lui qui s’était rendu au Maroc.

Quelle est ta mission en Terre Sainte ?
Je suis arrivé il y a 4 ans. Les frères qui viennent en mission de l’extérieur sont presque toujours envoyés dans la basilique de la Résurrection. Ma vie est ici, devant le Saint Tombeau, au Calvaire et au milieu de nombreux pèlerins. Je dis toujours aux pèlerins que, sans les frères qui sont ici depuis 800 ans, les catholiques n’auraient pas pu célébrer ici ni les liturgies, ni la messe.

Comment se conjugue ta mission avec ta vie de franciscain ?
Notre communauté ici est très différente des autres couvents. Nous avons une prière très régulière et nous vivons notre vie franciscaine avec les pèlerins, les gens de passage. La vie religieuse d’un frère franciscain est une vie devant le Seigneur.

Qu’est-ce qui anime ta mission et ta vie spirituelle ?
C’est la prière qui m’aide à aller de l’avant, mais la vie fraternelle aussi. Ici nous passons presque 24h ensemble, nous nous voyons dans les couloirs, dans la chapelle, pour les repas, etc. Après la fermeture, à 21h, nous ne pouvons plus sortir du Saint-Sépulcre. Nous sommes 10, avec les frères laïcs qui travaillent à la sacristie et 7 frères prêtres. Chacun a sa mission précise.

Est-ce que vivre en Terre Sainte a changé ton rapport à la religion ?
Oui, beaucoup. Etre en Terre Sainte, cela donne l’opportunité d’une vie plus ouverte : nous rencontrons des gens d’autres pays, d’autres langues. Nous avons la même vie mais avec une mentalité différente. La nourriture, par exemple, est différente selon le pays. La diversité culturelle donc nous enrichit beaucoup.

Quelle est ta relation avec saint François ?
Quand j’étais frère, j’étais très fasciné par saint François. Maintenant je le suis encore, et je m’efforce chaque jour de chercher la signification de ma vie franciscaine. Que signifie aujourd’hui être frère, ici, mais aussi dans notre monde, où il y a les guerres et les difficultés ? Quelle est la signification de notre pauvreté ? Par exemple, ici, au Saint-Sépulcre, depuis 50 ans nous n’avons pas changé le mobilier. Je dois toujours me demander : que ferait Saint François aujourd’hui ?

Que dirais-tu à un jeune qui vit le moment du discernement de sa vocation ?
Je dis toujours qu’il n’y a pas de vie plus belle que celle d’un religieux, d’un frère. La vie est si riche, si diverse… Il ne faut pas avoir peur de tout quitter pour le Christ, puisque il ne nous manquera rien.

N.S. – B.G.

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