2017
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La Custodie de Terre Sainte aujourd’hui : Fr. Garret entre USA et Jérusalem

800 ans sont passés depuis l’arrivée des frères au Moyen-Orient et, depuis les origines de cette aventure, beaucoup de choses ont changé. Mais l’engagement et le dévouement avec lesquels, depuis 800 ans, les frères gardent les lieux saints et œuvrent en faveur de la population locale, n’ont, eux, pas changé. Ainsi, pour comprendre ce qu’est aujourd’hui la Custodie de Terre Sainte, il faut partir d’eux-mêmes et de leurs histoires : ils viennent de tous les coins du monde et de pays très différents, et chacun d’eux a une mission spécifique.

Fr. Garret Edmunds est né en Californie, et il est frère depuis 40 ans. Il est arrivé pour la première fois en Terre Sainte en 1998, pour travailler avec des groupes de pèlerins. Aujourd’hui, il enseigne l’anglais aux séminaristes de Saint Sauveur, il aide à la communication et il accompagne des groupes de pèlerins.

Partons du début : pourquoi as-tu choisi de devenir frère ?

Au début, j’ai été frappé par l’exemple de Junipero Serra, qui était un missionnaire espagnol d’abord au Mexique puis en Californie. Chaque jeune en Californie étudie son histoire et il est un grand exemple en tant que franciscain. La figure de saint François m’attirait aussi. Je cherchais une forme de vie religieuse pouvant unir la vie active et la vie contemplative.

Quel a été ton parcours en tant que séminariste puis frère ?
Je suis d’abord allé à l’école secondaire, puis au collège et me suis diplômé en sciences politiques (mon père était juge). J’ai aussi travaillé pour un homme politique en Californie, mais après 5 ans, j’ai décidé de changer de vie. Je ne savais pas si j’aurais été frère ou prêtre mais je voulais tenter cette route. Je me suis alors dit “il vaut mieux aller dès maintenant chez les franciscains”. J’ai donc commencé à étudier au séminaire pour devenir franciscain, en faisant des études de théologie.

Pourquoi avoir choisi la Custodie?
Parce que la Terre Sainte est l’endroit où Jésus a vécu. Ça a une place dans notre histoire, mais aussi un place géographique. Ce n’est pas un hasard si ma matière préférée à l’école était la géographie.
La mission de la Custodie en Terre Sainte devrait être partagée par tous les frères. Je fais partie de la province de Californie, mais la Custodie est quelque chose qui me concerne. Cela fait partie de notre formation de frères mineurs. L’idée de faire partie de la mission de la province de Terre Sainte m’intéressait depuis que j’étais séminariste. Pendant des années, j’ai accompagné des groupes en Terra Sainte, devenant ainsi moi-même un pèlerin. Et puis, j’ai été très touché par l’exemple de Junipero Serra, un des premiers franciscains européens à avoir été en mission en Californie, et c’est ainsi que j’ai réalisé que je voulais m’engager dans la mission de la Custodie en Terre Sainte.
Je suis donc venu ici et j’ai parlé avec le Custode de l’époque, qui m’a encouragé à continuer à travailler avec des groupes de pèlerins en langue anglaise. Je me suis ensuite aperçu que travailler avec des groupes était comme être en retraite spirituelle : nous nous baladions en car, j’aimais ce travail et je l’ai fait pendant quelques années, jusqu’à ce que commence la seconde intifada et que les pèlerins arrêtent de venir. Je suis donc revenu aux USA, et je suis de retour en Terre Sainte depuis quelques mois.

Quelle est ta mission actuelle pour la Custodie?
Ma mission est de collaborer avec les pèlerins, mais elle consiste également à aider la Custodie directement depuis Washington, depuis le couvent de la Custodie là-bas.
Ils m’ont demandé de revenir en Terre Sainte pour travailler dans la communication en anglais et pour enseigner l’anglais à quelques étudiants.

Qu’est-ce qui anime ta mission et ta vie spirituelle ?

Une des choses qui m’a les plus attiré dans la vie des frères est la manière franciscaine de vivre l’Evangile. C’est important d’avoir un ministère actif qui porte la Parole aux gens, peu importe où ils sont. Un autre aspect important est l’aspect communautaire. Souvent, nous sommes tellement impliqués dans notre travail que nous n’avons pas le temps de nous retrouver ensemble pour prier. Mais la dimension communautaire est celle qui nous donne de l’énergie : nous sommes une fraternité en mission.

Comment associes-tu ta vie ici avec ton être franciscain ?

Il n’y a pas d’autre endroit au monde où la réalité de l’incarnation soit plus vive qu’ici. Emmener les pèlerins d’un lieu à l’autre ou travailler à la communication de la Custodie permet de rendre visible la présence de Jésus. Travailler dans la Custodie est très important pour montrer la présence de Jésus dans le monde. C’est un aspect de ma vie franciscaine que je peux mieux vivre ici. Quand nous sommes dans un sanctuaire, Fr. Stéphane dit pendant la prière: “Père, nous te prions ICI, où Jésus est passé…”. J’essaye de faire la même chose avec les pèlerins, ainsi nous pouvons réellement sentir la présence de Jésus incarné. C’est une dimension importante des franciscains.

Vivre ici a changé ton rapport avec la religion ?

Oui, sans aucun doute. Souvent, les histoires de l’Evangile se sont passées là où nous allons, où nous célébrons, où nous dormons etc. Ces histoires se sont déroulées en des lieux et des moments particuliers, mais chacun vit l’incarnation de Jésus dans sa culture, dans le lieux où il vit. Et nous, nous avons l’opportunité d’aller là où tout est arrivé.
Ce que j’aime vraiment de la Terre Sainte est aussi que ce lieu est un mélange de cultures.

Quels sont les obstacles que tu rencontres aujourd’hui dans ta mission de frère à Jérusalem?
J’ai quelques difficultés avec la langue. Ici, il y a beaucoup de langues différentes et on parle en italien pour se comprendre, mais c’est pour moi difficile d’apprendre cette langue. Hors de la Custodie, l’anglais est très important mais dans la Custodie, c’est l’italien qui est important. Un de mes objectifs est donc de m’améliorer dans cette langue, pour pouvoir davantage participer à la vie de la Custodie.
Dans tous les cas, vivre parmi toutes ces cultures, dans cet environnement, est une belle chose. C’est un défi, mais les défis font grandir les personnes. Mon ministère ici est de toute façon avec des personnes parlant l’anglais.

As- tu un message pour un jeune qui est dans un chemin de discernement pour comprendre sa vocation ?
Mon message est d’être ouvert à la façon avec laquelle Jésus parle à notre cœur, être ouvert à ce que Dieu fait, écouter et regarder Dieu et les autres. Dieu a un plan pour chacun de nous et veut nous rendre heureux.

N.S. – B.G.

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