2016
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Connaissez-vous les biens culturels ? Le temps de l’inventaire (1/3)

Le couvent Saint-Sauveur ne connait pas le repos. Dans les sous-sols, les travaux continuent pour l’aménagement de la partie historique du futur musée Terra Sancta. Il attestera et soulignera les missions de la Custodie de Terre Sainte et ses relations avec les pays européens, notamment à travers l’exposition des biens conservés par la Custodie depuis des siècles. Ces objets liturgiques et artistiques sont gérés par le Bureau des biens culturels, créé en 2010, et dont la responsabilité a été confiée au frère Stéphane Milovitch.

Ce Bureau est né en parallèle de l’inventaire du couvent Saint-Sauveur, initié par ce même frère avec l’aide des volontaires italiens Alfonso Bussolin et Irene Boschetti. Cette dernière raconte : “Cela faisait très longtemps qu’il n’y avait pas eu d’inventaires dans les couvents. Par un concours de circonstances, peut-être parce que le temps était venu, Alfonso a commencé à prendre des photos des objets et à les lister. C’était parti. Nous avons passé des heures et des heures dans les coins et les recoins de plusieurs couvents. Je me souviens de ces mois où nous étions enfermés dans la salle derrière la sacristie de Saint-Sauveur à inventorier les objets. Nous les prenions le matin sur la mezzanine, nous les descendions, nous les mesurions, Alfonso prenait les photos et nous enregistrions les informations dans l’ordinateur avant de les ranger de nouveau.” Ils se sont attelés à cet inventaire dans les couvents Sainte-Catherine de Bethléem, Saint-Jean d’Ain Karem, Saint-Sauveur à Jérusalem et au Saint-Sépulcre. Cela a permis de retrouver des ornements oubliés, des trésors perdus dans la poussière et les salles délaissées du couvent. Comme se souvient Irene : “Dans le sous-sol de l’ancien atelier de couture, nous avions trouvé un tissu coupé de façon étrange, sans aucune inscription. C’est en regardant des vieilles photos dans l’espoir de trouver ce dont il s’agissait que frère Stéphane a réalisé qu’il s’agissait des anciens parements de la grotte Sainte-Hélène au Saint-Sépulcre !”

Ce travail de petites mains est complété avec l’aide d’étudiants, professeurs ou spécialistes en histoire de l’art. Ces derniers mettent leur expertise au service de la Custodie pour des durées plus ou moins longues et approfondissent la connaissance qu’elle a de son patrimoine. L’inventaire a entrainé la création d’une base de données renseignant toutes les informations dont on dispose sur chaque objet. Elle est mise à jour dès qu’un objet change de lieu ou est étudié en profondeur par un expert.

“Ce patrimoine ne nous appartient pas”, explique son responsable. “Il a été offert aux Lieux saints et nous sommes là pour le conserver et le mettre en valeur au nom de l’Eglise catholique. Lorsque les frères avaient des problèmes économiques, pendant les guerres par exemple, ils ne s’en sont jamais dessaisi.” Ce sont des objets liturgiques et artistiques offerts pour le culte et les Franciscains ont à cœur qu’ils y restent consacrés. “Ils ne doivent pas seulement être admirés pour leur beauté dans un musée. Nous les utilisons pendant les liturgies pour que ce beau nous renvoie au Beau suprême qu’est Dieu.” Depuis la fin de l’inventaire, les réserves sont rangées et Irene met un point d’honneur à ce qu’elles le restent. Les ornements sont parfois utilisés lors des célébrations solennelles. C’est ainsi que pour les vêpres suivant l’ordination sacerdotale de juin 2015, les jeunes prêtres franciscains ont pu prier avec les chasubles offertes par le roi français Louis XIII au Saint-Sépulcre.

La beauté et la multitude des biens offerts aux Lieux saints sont révélateurs de la foi des hommes. Parmi les innombrables anecdotes qu’elle a en mémoire, Irene se rappelle : “Un jour, un cérémoniaire pontifical est venu nous rendre visite. Après avoir vu les ornements liturgiques offerts au cours des siècles par les différentes cours européennes, il était admiratif. Et il a remarqué : “A Rome, nous avons des ornements précieux, mais pas aussi beaux. Ils étaient fabriqués pour les papes, mais ici, ils étaient fabriqués pour le Christ !” Les artisans se surpassaient et les monarques ne lésinaient pas sur les moyens car ils savaient que leurs œuvres allaient au Saint-Sépulcre ou dans les lieux saints”

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