2015
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Frère Romualdo Fernandez « Un petit grand homme » nous a quittés

« Un grand petit homme » c’est ainsi que le frère Emilio Barcena évoque dans un sourire la personne de frère Romualdo Fernandez. « Il n’était pas grand de taille, mais c’était un grand homme de foi, de cœur et d’intelligence » poursuit frère Emilio.

Quand on rencontrait le frère Romualdo, la première chose qui frappait était son sourire, sa capacité d’accueil et son désir de servir la Custodie et ceux dont elle lui avait donné la charge.

C’est la maladie qui a mis fin aux souffrances de frère Romualdo. La maladie, il a su y faire face quand bien même elle l’a vaincu. Mais sa vraie souffrance, celle de ses dernières années, c’était de voir la Syrie se déchirer, les populations souffrir et le patrimoine détruit.

Né en 1937, frère Romualdo, de la province franciscaine de Grenade, arriva en Terre Sainte en 1960 pour faire ses études de théologie à Jérusalem puis au Caire. Il ne quittera plus le Proche Orient où la Custodie lui confia des responsabilités importantes et diverses. Tour à tour curé de paroisse, responsable de séminaire, délégué de la conférence Nord Africaine, responsable des « œuvres en faveur des coptes », maitre des novices. Il partagea sa vie entre l’Egypte et la Syrie où il était revenu en 1993 et où en réalité se déroula la majeure partie de sa vie franciscaine au service de la Custodie.

Revenu à Damas en 1992, c’est lui qui fut chargé des travaux de restauration et aménagement du Mémorial de saint Paul où il eut la joie d’accueillir le pape Jean Paul II en l’an 2001.

La dernière fois qu’il vint à Jérusalem en 2012, il avait une préoccupation : « Le conflit met en péril tout le patrimoine syrien. Frère Ignacio Pena et moi avons pris des milliers de photos, il faut les numériser et faire en sorte que je puisse les légender. » Le travail de numérisation est en cours, mais le frère Romualdo n’aura pas eu le temps de rédiger les légendes. Il espérait pourtant le faire depuis l’infirmerie de la Custodie où il voulait, à partir de septembre prochain, consacrer à ce travail ses dernières forces.

Durant toute ses années en Syrie, il parcourut le pays avec les frères I. Pena, P. Castellana. Ensemble ils cosignèrent plusieurs ouvrages sur le monachisme en Syrie (Les reclus syriens, 1980 ; Les stylites syriens, 1987 et Les cénobites syriens, 1988). Des ouvrages illustrés de photos prises dans ces anciens monastères. Avec les deux mêmes confrères, il publia quatre inventaires sur les chaînons du massif Calcaire syrien où s’étendent les vestiges des villages antiques avec leurs édifices publics, leurs églises et leurs décors (Inventaire du jebel Baricha, 1987; Inventaire du jebel A’ala, 1990 ;Inventaire du jebel Wastani, 1999 ; Inventaire du jebel Dweili 2000)

Ces dernières années, il collaborait encore avec une archéologue syrienne Widad Khoury de la Direction générale des Antiquités et Musées de Syrie, à une étude intitulée « Étude archéologique de l’époque paléochrétienne, les monuments de Constantin entre la tradition écrite et les témoignages de l’archéologie ».

Widad Khoury admirait le travail d’inventaire des trois Franciscains qu’elle résumait ainsi : « Chaque ouvrage est formé de trois parties distinctes ; la première est dédiée à une présentation globale du jebel, son histoire, son économie et son développement. Les monuments majeurs, religieux et publics, sont présentés dans la deuxième partie avec leurs descriptions et leurs plans relevés par les auteurs ou reproduits d’après les publications antérieures. La troisième partie est dédiés aux décors et inscriptions diverses trouvés dans la région. »

C’est dire combien les trois religieux ont marqué de leur emprunte l’histoire du christianisme en Syrie. Et comme le rappelait le custode de Terre Sainte, frère Pierbattista Pizzaballa : « Ce travail est ce qui reste de ces sites aujourd’hui disparus pillés ou détruits depuis que la guerre fait rage en Syrie. »

Le père Barcena explique encore que les bons pères, deux Espagnols et un Italien, publièrent en français car c’est dans cette langue que les ouvrages avaient le plus de chance de trouver un éditeur en Syrie et d’être diffusés au Proche Orient et dans le monde.

« Romualdo ne parlait pas très bien l’arabe, se souvient frère Emilio Barcena. Mais il se faisait toujours comprendre, arrivait toujours à ses fins et surtout se faisait aimer. C’était lui le plus populaire. Il était fantastique ! »

Cari Fratelli,
vi comunico il ritorno alla casa del Padre del nostro confratello
Fra Romualdo Fernandez, OFM
avvenuto questa mattina nell’Ospedale Francese a Damasco (Siria).
Vi prego di leggere il necrologio allegato.
RIP

La Segreteria di Terra Santa
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Jerusalem, 15 December 2015

Dear Friars,
we inform you that our brother,
Fr. Romualdo Fernandez, OFM
has returned to the House of his Father
this morning at the French Hospital in Damascus.
Please see the attached necrology.

RIP
The Secretariat of the Holy Land

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