2015
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L’espérance au cœur des vœux aux Eglises orthodoxes

Vendredi 9 janvier, les rues de la Vieille Ville désertées par les habitants en raison du froid et de la pluie résonnaient néanmoins des bâtons des kawas conduisant les religieux en procession. Les différentes Eglises, en effet, se rendaient d’un patriarcat à l’autre pour échanger les traditionnels vœux de Noël.
Les orthodoxes (qui ont suivi le calendrier julien quand l’Occident adoptait le calendrier grégorien) ont célébré Noël le7 janvier. Et comme c’est la tradition à Jérusalem, les Eglises catholiques et protestantes venaient leur présenter leurs vœux dans les jours suivants.

Ce rituel avait déjà était effectué en sens inverse par les orthodoxes au lendemain du Noël catholique.
De nombreux frères franciscains partirent donc derrière les kawas, escortant le Custode de patriarcats en patriarcats.

La première station fût celle du siège du patriarcat grec. Le Patriarche Theophilos III, entouré d’un nombre important d’archimandrites et de prêtres, a reçu les frères mineurs dans son imposant divan.
Parlant de la vertu d’espérance, le Custode a souligné combien la Nativité était la « réponse de Dieu à nos attentes ». « Dieu n’est pas loin de nous. Il se tient à la porte de notre cœur et il frappe. Il est le Dieu-avec-nous, qui veut être la réponse à nos angoisses » a-t-il rappelé.

Le Père Pizzaballa a redit une nouvelle fois combien le Moyen-Orient avait besoin de ce message de salut, dont les chrétiens de Terre Sainte doivent témoigner par toute leur vie. « La mission des chrétiens sur les Lieux saints doit demeurer, et nous souhaitons que le dialogue constructif entre nos deux Eglises puisse continuer à servir les fidèles locaux et les pèlerins » a plaidé le Custode.

Après la réponse du Patriarche, qui définissait la mission des chefs spirituels chrétiens comme devant « maintenir la sainteté des lieux de l’Incarnation et de la Rédemption », les hôtes des orthodoxes ont pu apprécier les chants orientaux interprétés par un chœur liturgique venu spécialement de Saint-Jean d’Acre. Les vœux à l’Eglise grecque-orthodoxe ont permis une nouvelle fois de mesurer les relations chaleureuses et fraternelles qui unissent catholiques et orthodoxes.

Les franciscains se sont ensuite rendus au patriarcat éthiopien, pour réitérer le même rituel. Situation assez inédite (« une première ! » tient à souligner le Custode), les vœux du Père Pizzabala étaient prononcés en hébreu, avant d’être traduits en amharique (la langue principale d’Ethiopie). La réponse du Patriarche était quant à elle en éthiopien, traduite en hébreu, puis retraduite en italien par le Custode pour les autres frères.

Le responsable de l’Eglise éthiopienne a tenu à axer sa réponse sur la nécessiter du témoignage : « Nous sommes les récepteurs de ce message d’union et de communion apporté par l’Incarnation du Christ. Notre vie doit en témoigner. Le Seigneur nous donne sa force pour que notre témoignage soit efficace. »

Le troisième échange de vœux était pour les Coptes, fait là encore dans une ambiance détendue et conviviale. Le Custode et le Patriarche ont chacun rappelé la pauvreté des chrétiens en Terre Sainte, mais l’importance de leur présence et de leur maintien face aux différentes menaces. Le prélat copte a par ailleurs tenu à souligner la bonne entente entre le Pape François et le pape copte Theodoros. Les chocolats, liqueurs et cafés offerts par les coptes ont vite été dégustés, puisque les franciscains étaient ensuite attendus chez les syriaques pour conclure leur échange de vœux.

Face au danger de l’Etat islamique et à l’exil des chrétiens en Irak et en Syrie, l’avenir de la présence chrétienne en Terre Sainte était encore au cœur des discussions. Le Patriarche syriaque orthodoxe est clair : « N’ayons pas peur ! L’Incarnation de Dieu a réconcilié le ciel et la terre ; nous devons tirer profit de cette union qui ne passera jamais ! Prions pour que la grâce de Dieu nous soit donnée pour continuer notre mission sur les Lieux Saints ! ».

Les franciscains sont ensuite repartis en procession vers le couvent Saint Sauveur, sous la neige qui a fait son apparition pour l’occasion.
« Les orthodoxes pourront dire qu’elle est là pour authentifier la date de leur Noël ! » commente malicieusement le Custode.

le Samedi précédent, c’est le Nonce et Délégué apostolique qui dans le cadre de ces échanges de vœux avait partagé l’ordinaire des franciscains lors d’un déjeuner convivial.

Nicolas Kimmel

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