2014
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La Casa Nova d’Ain Karem revit

Niché dans les collines en terrasse, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Jérusalem, le village d’Ain Karem porte une signification particulière pour les pèlerins chrétiens. Il est connu pour être la ville natale d’Elisabeth où sa cousine, la vierge Marie, lui rendit visite, mais aussi celle de Jean le Baptiste. Ce village de 2000 âmes abrite ainsi les églises de la Visitation (IVe siècle) et de Saint-Jean « in Montana » (Ve siècle) où l’on peut aller prier à la grotte berceau de saint Jean. Outre ces deux sanctuaires franciscains, Ain Karem accueille une église grecque orthodoxe et le monastère de Notre Dame de Sion. Enfin à quelques kilomètres, les pèlerins en quête de tranquillité ou de randonnée vont se ressourcer au monastère franciscain de Saint Jean du Désert.

Installés depuis le XIIe siècle, les franciscains y vivent une vie de prière et de service auprès des pèlerins. Le couvent d’Ain Karem accueille aussi les étudiants en première et deuxième années de philosophie du séminaire international de la Custodie de Terre Sainte. Ils sont aujourd’hui une dizaine d’étudiants entourés de quatre frères. Parmi eux, le frère Leszek, responsable du sanctuaire, plus connu sous le nom de frère Sévérino. À son arrivée, en septembre 2013, ce polonais qui, par le passé dirigeait la Casa Nova de Bethléem, a repris en main les lieux et initié de nombreux chantiers. « Il n’y avait plus de présence continue à la Casa Nova d’Ain Karem pourtant l’atmosphère de ce village est, à bien des égards, différente de celle de Jérusalem. Notre couvent et notre sanctuaire sont de vraies oasis, il fallait les mettre en valeur et permettre aux pèlerins d’en profiter », explique-t-il. C’est ainsi qu’est née l’idée de ré-ouvrir la maison d’accueil franciscaine pour pèlerins.

Depuis six mois, ouvriers et volontaires s’affairent dans ces grands bâtiments du XIXe siècle qui ont conservé tout leur attrait. Ils sont à l’œuvre également dans les multiples jardins et recoins qui fleurissent en cette saison printanière. Le frère Sévérino est optimiste : « En six mois nous notons déjà de grands changements, les pèlerins commencent à se faire plus nombreux. Ce qu’ils aiment c’est l’ambiance fraternelle que nous donnons à ce lieu. ». En effet, la Casa Nova n’est pas un hôtel, le franciscain insiste : « Ici tout se vit dans la simplicité, nous avons par exemple notre poulailler et potager, des chats et des chiens. Ce que nous proposons aux pèlerins c’est de partager avec nous un mode de vie et de prière sains ». D’ailleurs à la Casa Nova d’Ain Karem tout le monde se retrousse les manches et le frère Sévérino montre l’exemple. Il encadre une équipe de volontaires polonais et italiens pour la plupart, mais Sévérino garde les bras ouverts à toutes les bonnes volontés.

En cuisine, nous rencontrons par exemple Giuseppe, chef sicilien, qui est venu prêter main-forte à la restauration pendant quelques mois. Au menu du jour une des spécialités de la maison : l’oie ! Hier, c’était le poulet au romarin du jardin et en dessert le tiramisu, les pâtes maison sont aussi fort appréciées. Que ce soit le frère Sévérino ou les volontaires, ici on aime la bonne cuisine et l’on n’envie pas les grandes tables de Jérusalem. Le bruit s’est déjà répandu chez les frères de la Custodie : chez frère Sévérino, on mange bien ! Les anecdotes ne manquent pas comme ces mille kilogrammes de saucisses soigneusement préparés et découpés toute une journée : « Une véritable opération et moment de camaraderie » racontent-ils. À leurs côtés Stawomir, jeune polonais au regard azur partage son temps entre le jardin et le service à table. « Tout a été pensé et organisé, chaque chose en son temps » dit en souriant le frère Sévérino qui déambule sous les tonnelles fleuries, « récemment nous venons d’installer le wifi dans toute la Casa Nova et lançons notre page Facebook ».

Mais à cette activité frénétique se joint une riche vie communautaire avec ses frères. « Vous me voyez sans l’habit franciscain parce que je travaille à l’extérieur mais, dans quelques heures, je serai derrière le bureau pour enseigner la philosophie à nos étudiants ». L’enseignant rend grâce : « Cette mission plurielle que l’on m’a attribuée m’apporte beaucoup de joie et de sens. Nous rencontrons de nombreux pèlerins qui ont besoin d’écoute, qui savent ce qu’ils sont venus chercher sur cette Terre Sainte. Être responsable d’une maison d’accueil c’est pouvoir prendre du temps avec eux, bien qu’il me soit précieux ! ».

En effet, à peine avons-nous fini le délicieux cappuccino offert par Giuseppe que nous croisons frère Sergey et Ettore de l’office technique de Jérusalem. En les suivant nous découvrons, dans le sous-sol du couvent, la restauration d’une immense salle voûtée. « Nous ambitionnons d’augmenter notre capacité d’accueil en restauration à 200 couverts afin d’accueillir des grands groupes lors de séminaires par exemple. À l’extérieur, il y aura une longue terrasse ensoleillée avec vue sur la colline et les églises de la Visitation ». Qualité, simplicité et liberté, tels sont les mots qui se dégagent de ce lieu unique vous invitant à la spiritualité.
Pour plus d’informations ou une réservation à la Casa Nova, vous pouvez consulter ce lien Casa Nova Ain Karem ou encore la page Facebook dédié au lieu.

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Émilie R.

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