2011
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Le lundi de Pâques à Emmaüs

EmmausDe nombreux chrétiens locaux et pèlerins ont passé le lundi de Pâques à Emmaüs, à l’église  franciscaine dans le village de ces deux disciples, qui – après avoir quitté Jérusalem déçus – rencontrèrent Jésus le long du chemin … Mais aujourd’hui, l’histoire d’Emmaüs en est une de solitude et d’isolement.

Emmaus El Qubeibe, le jour après Pâques …

Beaucoup de chrétiens se sont réunis ici, à l’église franciscaine construite dans le village qu’une certaine tradition indique comme étant celui des deux disciples qui abandonnèrent Jérusalem déçus après les événements tragiques… De la terrasse dans le jardin des Franciscains le regard se perd et l’esprit se tourne vers cette page de l’Évangile. Il est facile d’imaginer Jésus s’approchant des deux en route vers ce village. Un Jésus qui, après avoir expliqué les Écritures, se révèle à eux dans la fraction du pain.

C’est pourquoi le Custode de Terre Sainte P. Pierbattista Pizzaballa, qui a présidé la célébration, distribue à la fin à tous les fidèles le pain béni… pain qui est un peu le symbole de ce sanctuaire, mais aussi symbole de rencontre et de la présence du Ressuscité.

P. PIERBATTISA PIZZABALLA

Custode di Terra Santa

Ici à Emmaüs, la célébration aujourd’hui nous enseigne une chose importante: que nous tous, à travers l’étude des Écritures et à travers l’expérience de Pâques, nous sommes comme les disciples d’Emmaüs; nous avons rencontré Jésus, et surtout nous l’avons reconnu dans la fraction du pain… elle nous dit aussi qu’encore aujourd’hui, comme les disciples d’Emmaüs, nous devons nous lever de table et sortir de nos zones de confort, et rompre le pain avec l’homme que nous rencontrons sur la route.

S.E. Mons. ROBERT DEELEY

Congr. pour la Docrine de la Foi

Cela a été une chose merveilleuse pour moi d’être ici à célébrer la messe parce que les disciples reconnurent Jésus justement dans la fraction du pain, et c’est ici que nous avons célébré l’Eucharistie.

« L’histoire des deux disciples d’Emmaüs est l’histoire de chacun d’entre nous – a dit le p. Artemio Vitores, vicaire custodial – le Seigneur voit notre découragement et nos déceptions, et il ne nous laisse pas seuls : il s’approche de nous et nous indique les trois voies à travers desquelles nous le rencontrons : la Parole de Dieu, la charité, et l’Eucharistie. »

Bien d’autres lieux nommés Emmaüs revendiquent l’identification avec le village de mémoire évangélique, ici l’itinéraire d’une voie romaine et les restes de certains bâtiments du temps des croisades, outre la référence biblique citant une distance de 11 km et demi de Jérusalem (les 60 stades mentionnés dans l’évangile de Luc), pèsent en faveur de l’authenticité de ce lieu.

Le sanctuaire était déjà un lieu de pèlerinage pendant le Moyen Age. Sous les fondations de l’église actuelle – construite sur une église des Croisés – se trouvent les restes de ce qui est vénéré comme la maison de Saint Cléophas – et de son fils.

L’église était remplie de fidèles: les pèlerins étaient nombreux, cette année, surtout des espagnols et italiens, mais le rendez-vous du lundi de Pâques à Emmaüs est particulièrement cher aux chrétiens locaux, et en particulier à ceux de la paroisse latine de Jérusalem.

Pour cette journée spéciale, voyez combien de chrétiens palestiniens viennent ici à Emmaüs parce qu’en raison des mesures de sécurité israéliennes et du mur de séparation pour nos familles il est très difficile de venir; nous devons passer par Ramallah, franchir le checkpoint, et faire un très long détour…  C’est très difficile… nous espérons toujours que la paix vienne en Terre Sainte, que le mur tombe et que la vie retourne à être comme avant, comme il y a 10 ou 20 ans … quand tout était ouvert, et de nombreux chrétiens et pèlerins venaient ici.

En fin de compte, une présence chrétienne si nombreuse ici au Sanctuaire d’Emmaüs n’est pas une image habituelle. Et pas seulement parce que dans le village palestinien, entièrement musulman, vit aujourd’hui une seule famille chrétienne, mais aussi justement parce que – en raison de la fermeture de l’accès imposée par les mesures de sécurité israéliennes – il est devenu presque impossible à y arriver. Au cours des quatre derniers mois sont venus jusqu’ici seulement quatre groupes de pèlerins. Et même aujourd’hui, seul un permis spécial a permis aux bus d’arriver en ce lieu.

Acquis par les franciscains au XIXè siècle, le lieu a également été le siège du petit séminaire de la Custodie et accueillait des étudiants de tous les pays arabes. Le séminaire fut fermé en 1967 et fut rouvert en 1986, comme l’a noté Abuna Firas qui vécut également ici comme séminariste dans les années 80. Malheureusement, Emmaüs est maintenant devenu une histoire de solitude et d’isolement.

Et pourtant, malgré tout, la mémoire évangélique de ce lieu continue d’être maintenu vivante par la présence franciscaine… « C’est pour moi avant tout un lieu de prière et de méditation – nous a dit le p. Franciszek Wiater, gardien du couvent, qui vit à Emmaüs avec un frère, – mais certainement je suis plus heureux lorsque je peux partager avec d’autres le mystère qu’on contemple dans ce lieu saint. »

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